J'aime les jolies filles, j'aime boire, mais je déteste les jolies filles qui boivent. Et ce malgré la (légère) augmentation de chances de rapprochement bucco-sexuel que représente l'alcoolisation. C'est dire le degré de détestation.
L'un des inconvénients d'avoir des amis de grande qualité, c'est qu'ils leur arrivent d'avoir des compagnes de grande qualité. Dans ce cas il ne reste alors qu'à être secrètement amoureux d'elles, ce qui est pathétique, ou à s'évertuer à leur trouver des défauts et des failles, ce qui est mesquin. Heureusement, ce sont généralement elles qui tranchent la problématique en vous vouant un mépris hautain ou un désintérêt agacé de bon aloi.
35 ans dans deux jours, pas de meuf, pas de famille, pas de salaire, 7m2 meublés Ikea, un lit avec deux lattes en moins, des crachats sanguinolants au réveil et uen feuille blanche dans la tête... que demande le peuple?
Le système a gagné lorsque qu'il n'y a plus entre lui et ses contestations autres de différences autres que d'ordre sémantique, c'est à dire lorsque ses référents et ses valeurs ont été pleinement intégrés mais que seuls changent l'habillage et les dénominations qu'on leur donne. C'est sans doute d'ailleurs parce que le système est ce qui se rapproche finalement le plus sûrement du véritable « ordre naturel », celui des singes et des bêtes fauves.
C'est lorsque que l'on fait les choses sans même plus y croire que l'on peut juger le vrai dévouement, qui n'est peut-être qu'une mécanique, mais haut de gamme.
Pour paraphraser François de Labouchère parlant de la situation des patriotes en 1940, en amitié aussi, le plus difficile n'est pas de faire son devoir mais de savoir où il se situe... Etre un ami consiste-t-il à soutenir et à encourager son camarade quelle que soit la voie dans laquelle il s'engage, le choix qu'il fait, la décision qu'il prend ou doit-on chercher à le dissuader, à l'orienter, voir à le blâmer au nom de ce que l'on croit être juste, vrai et bon, quitte à le blesser, le vexer et au final, souvent, à le perdre même si se taire est déjà une façon de s'éloigner voir de disparaître?
Doit-on son réjouir du bonheur d'un ami si ce bonheur est médiocre ou est-ce finalement là une sorte d'aveu du peu d'estime réel qu'on lui porte? Doit-on refuser de juger ou de trancher au nom du risque de se tromper? Etre un ami se limite-t-il à souhaiter benoîtement «le meilleur » à l'autre et à croiser les doigts pour que ça marche tout en étant convaincu de l'échec?
Poser les questions de cette façon, c'est bien évidemment apporter un début de réponse, car l'amitié, qui n'est pas le copinage, est un sentiment tragique dont il ne faut pas refuser la part de violence et de saine cruauté.
L'amitié, c'est l'art de l'arrachage des masques et du refus des hypocrisies sociales, c'est pourquoi elle peut parfois être insupportable....
On a beau (essayer d') être chrétien, « pro-vie « et tout ce que l'on voudra, il y a des gens dont vous ne pouvez apprendre la grossesse sans un certain haut le coeur, mélange honteux, mais instinctif et sincère, d'incrédulité, d'angoisse et de vague dégoût. « Qui a osé faire ça? » est la seule phrase qui vous vient à l'esprit et il ne vous reste alors plus qu'à prier pour que toutes les lois de la génétique et de l'hérédité soient soudainement invalidées afin que le pauvre petit être ait une chance de dignité et de salut.
Zentropa
Partie d’on ne sait où, comme c’est sa nature, la rumeur avait couru la ville, puis, gonflant peu à peu, s’était répandue jusqu’à la plus lointaine banlieue pour se transformer en un assourdissant murmure collectif qui répétait sans cesse, comme une envoûtante psalmodie: « L’ouverture est prévue pour le 13 mai… L’ouverture est prévue pour le 13 mai… ».
A l’approche de cette date, on assista à une transhumance d’une ampleur jusqu’alors inconnue, les populations de toute la région convergeant fiévreusement vers le centre-ville, provoquant de gigantesques embouteillages, plusieurs dizaines d’accidents et même un début d’émeute au péage autoroutier, saturé durant de longues heures. Les autorités étaient dépassées et le préfet envisageait de déclencher le plan Orsec, réclamant des renforts policiers ainsi que des équipes médicales d’urgence.
La ville n’était plus qu’un tumulte. Au coeur du quartier commerçant, la foule de plus en plus compacte s’écrasait sur les rideaux métalliques d’une longue boutique encore assoupie.
Le piétinement de la masse agglutinée faisait trembler les vitres jusqu’au troisième étage des immeubles presque tous vidés de leurs habitants. Des milliers de souffles haletants alourdissaient l’atmosphère et la chaleur devenait étouffante dans les ruelles menant au lieu sacré.
C’est alors qu’on assista aux premiers évanouissements, essentiellement des jeunes femmes enceintes et des vieillards. Les corps inertes que les équipes de secours ne parvenaient pas rapidement à extraire du flot irrésistible étaient impitoyablement piétinés sans qu’aucun regard ne quitte un seul instant l’enseigne publicitaire surplombant la boutique et qui pouvait à tout moment s’illuminer.
Les altercations se multipliaient, chacun voulant gagner un mètre ou un demi mètre l’approchant du saint sanctuaire. On s’invectivait, quelques lames surgirent. On molesta un jeune homme qui, épuisé, avait exprimé son désir de rebrousser chemin.
Tout à coup, la lumière fût! La gigantesque pomme croquée se mit à scintiller au fronton du magasin. Se fît alors entendre un hurlement immense, un cri primitif et barbare, l’explosion terrible et indécente d’un violent orgasme collectif. C’était tout un peuple qui jouissait au même instant.
La pomme du pêché devenue sublime rédemption clignotait maintenant à un rythme stromboscopique qui annonçait l’ouverture imminente. Chacun retenait son souffle.
Un grincement infime annonça le déclenchement du moteur de rideau métallique. La foule était comme pétrifiée… Après quelques instants d’hébétude et de prostration, ce fût la ruée … Certains, cependant, comme frappés par une trop forte émotion, se contentèrent de tomber à genoux, ânonnant des chapelets de mots à peine audibles:
« Steve Jobs… 3 millions d’applications… Nouvelle génération… Ipad VI…. »
D’autres sanglotaient doucement en caressant la devanture de leurs doigts tremblants.
A l’intérieur, la mêlée était inextricable, les coups pleuvaient, les corps s’entassaient…
Une jeune trentenaire décolorée tentait de s’introduire dans le vagin un Iphone IV encore emballé que lui disputait hargneusement un étudiant à catogan qui, lui, voulait le remiser au plus profond de son anus.
Des cadres s’écharpaient à coups de Notebooks et une mère de famille tentait, à l’aide du coin de sa carte de crédit, de crever l’oeil d’une adolescente acnéique qui avait essayé de couper la file menant à la caisse.
« Tu crois que tu vas gâcher comme ça le plus beau jour de ma vie salope?! » hurlait-elle tandis que le sang sombre et gluant jaillissait de l’orbite de la jeune fille à peine sortie de l’enfance.
Une famille africaine s’était barricadée dans la salle des accessoires téléphoniques et repoussait les assaillants à grands coup de machettes surgissant des boubous. Quelques cathos à blazers tentèrent alors une percée vers le rayon des écouteurs polyphoniques de type H7S, s’ouvrant la voie à l’opinel et au crucifix, mais ils furent repoussés avant d’atteindre la vitrine de présentation.
Face à l’étalage des nouveaux claviers « designés » par Starck, un tétraplégique s’arracha de son fauteuil roulant et fît quelques pas avant de s’effondrer et de ramper en mugissant vers le Graal qu’il n’atteint jamais, une rombière à carré Hermès lui ayant écrasé le visage à coups de talons.
On expulsa par jets d’extincteurs un hindou qui tentait de s’immoler par le feu sur un tas de catalogues 20012/2013. Des enfants abandonnés par leurs géniteurs erraient, sanglotants et hagards, au milieu des ruines et des cadavres.
Le magasin était saturé d’effluves de sang, de sueur, de sperme et de larmes…
Mais bientôt une nouvelle rumeur se dissémina parmi la foule, on y parlait de baskets 3.0, de griffe Michael Jordan, de série limitée… Le silence se fît alors peu à peu et les lieux se vidèrent aussi rapidement qu’ils s’étaient emplis.
Déjà le troupeau marchait vers un nouvel objectif.
Comme tous les jours, en début d'après-midi, François l'aperçoit à la terrasse du bar/glacier à l'angle de la via Merulana et du passage Monti. Dans sa lourde robe noire et blanche, immanquablement assise à la même place, les mains sagement posées de part et d'autre du frêle guéridon métallique, elle attend son petit plaisir quotidien sous la forme, elle aussi immuable, d'un sorbet fraise trois boules couronné d'une assez conséquente pyramide de chantilly.
Dès l'apparition de la coupe sur le plateau du serveur, son visage un peu lunaire engoncé dans sa gangue monacale frémit et s'illumine légèrement. Les yeux de la jeune religieuse se plissent alors doucement et ses lèvres prennent une position parfaitement horizontale qui, au centre de ce visage lisse et austère, présente toutes les allures d'une ébauche de sourire. Comme chaque jour, la jeune soeur à pris soin de ranger sa croix sous son habit, comme pour ne pas la confronter au spectacle de cette débauche de folle gourmandise.
Au contact de la crème épaisse et sucrée, les pommettes de la jeune femme rosissent imperceptiblement et son regard furète alors nerveusement de droite à gauche, comme inquiet de possibles témoins.
Elle a tout d'une enfant volant du bout des doigts une précieuse confiture interdite et, par là, donne un spectacle des plus charmants.
A sa droite, trois américaines en mini shorts finissent au goulot leur quatrième bière en s'esclaffant bruyamment, comme pour faire la démonstration publique de la pleine et entière satisfaction que leur procure leur vulgaire et absolue banalité. Les trois demi-putes d'importation, en séjour culturel dans les boites de nuits romaines, s'échangent des coups de coude et prennent bientôt ostensiblement en photo la jeune religieuse.
François ressent alors la furieuse envie de leur éclater la tête à coups de tabourets mais, inquiet de la trop grande félicité que lui procure l'image du sang de cette sous-humanité répandu sur le trottoir, se borne à vider son verre d'un trait avant d'allumer une cigarette et de tourner les talons.
Vendredi, entre deux tours de cirque présidentiel, vers minuit et quelques verres, devant un pub à la tentative de décor irlandais, nous fumons une cigarette.
Un jeune homme à lunettes carrées et aux poils clairsemés étrangement disposés sur une tête légèrement disproportionné par rapport au corps nous aborde avec un grand et jovial sourire. Belge de passage à Paris, il est désireux de « discuter avec des français à propos de la situation politique ».
Il est bien tombé.
En liminaire, nous le félicitons d'avoir enfin réussi à se doter d'un gouvernement après des mois de vacance du pouvoir, ce à quoi il rétorque, légèrement vexé semble-t-il:
« Quand on vit dans un pays où l'extrême droite fait 20%, y a pas de quoi faire les malins... »
Il est vraiment bien tombé.
Après avoir gravement acquiescé, nous l'interrogeons sur sa profession.
« Educateur en discrimination positive » (sic)
Il est vraiment très très bien tombé.
« Pardon? Educateur en quoi? »
« En discrimination positive?
« Pourquoi une blague? » (le belge est toujours très nerveux lorsque l'on parle de blague...)
« Non.. mais... ça consiste en quoi exactement? »
« Et bien je dépends du ministère de l'intérieur et j'ai des classes issues de la diversité auxquelles j'apprends leurs nouveaux droits afin de les guider au mieux sur les chemins de la réussite... »
« Fascinant... »
« N'est-ce pas? »
« Tout à fait. »
« Mais sinon, vous, vous avez votés pour qui au premier tour? »
« Marine Le Pen »
Qui n'a jamais assisté à un effondrement intérieur, une brisure silencieuse et totale, proche de l'arrêt cardiaque, avec force pâleur et bégaiements, ne peut se faire une juste idée de la scène. Pour saisir un minimum l'instant, il faut imaginer un guerrier nègre tombant pour la première fois nez à nez avec un européen, ou Engerrand de Saint-pétoncle découvrant sa Marie-Léonie épousée à Saint-Nic prise en levrette anale par le jardinier roumain à demi-débile... Enfin un truc dans le genre...
« Marine? Ha oui.. quand même... » parvient-il finalement à articuler.
« Hé oui... »
« Mais c'est grave! »
« Grave? »
« Non.. enfin oui.. enfin je veux dire.. radical quand même... »
« Bof... »
« Mais enfin... c'est à dire.. enfin je veux dire... comment en êtes-vous arrivés à cette extrémité? »
« Bha classique... Echec scolaire, alcool, chômage, frustration sexuelle, dépression... »
« Ha oui... »
« Ben non ducon, on plaisante... »
« Ha... Mais vous faites quoi dans la vie? »
« Instituteur... Professeur de philosophie... Conducteur SNCF... Conservateur... »
« C'est fou... C'est pas possible... »
« Ben si... »
« Vous allez me frapper? »
« Ben non.... »
« Ha.. Tant mieux. Parce que ca m'intéresserait de comprendre... »
« Oui mais nous ça ne nous intéresse pas de t'expliquer. »
- « Le 6 février 1993,
j’avais été invité à Berlin par une association culturelle libérale de gauche intitulée « Kunst und Kultur », à participer à un débat sur l’immigration qui devait initialement se tenir
dans les locaux de l’Université Humboldt. Ma communication s’intitulait : « Contre le racisme et la xénophobie, pour le respect de l’identité des peuples ». Avant même que le débat
ne commence, j’ai été littéralement enlevé par une trentaine de jeunes « antifas » vêtus de noir, qui m’ont porté dans la rue et m’ont roué de coups quelques centaines de mètres plus
loin. Lorsque mes agresseurs se furent dispersés, je suis rentré à pieds à mon hôtel, lunettes cassées et visage couvert de sang. A peine y étais-je arrivé qu’un groupe de policiers de la Kripo,
alertés par les organisateurs, a fait irruption dans ma chambre, mitraillette à la main. J’ai été conduit au siège de la Staatsschutzpolizei de Berlin-Tempelhof où, jusqu’à cinq heures du matin,
les policiers m’ont présenté des fichiers photographiques où pouvaient figurer certains de mes agresseurs. J’en ai en effet reconnu plusieurs, mais je n’ai évidemment rien
dit. »
- « Pourquoi
donc ? »
- « Je ne collabore
pas avec la police. »
« Mémoire Vive », Alain
de Benoist, entretiens avec François Bousquet, Editions de Fallois.
L’écologie est sans aucun doute la grande perdante de cette élection présidentielle. Elle a, pour ainsi dire, totalement disparu de la circulation… Présentée il y a encore quelques mois, sous fond d’hystérie climatique (dans l’un ou l’autre sens…), comme l’enjeu civilisationnel majeur des années à venir (sans doute à juste titre), elle a été progressivement réduite au rôle de simple détail sinon de l’histoire, du moins de la campagne… L’extraordinaire nullité de sa championne autoproclamée y est bien sûr pour beaucoup mais pas seulement puisqu’aucun candidat n’en a fait un axe majeur de son programme ou de sa campagne, préférant recourir aux bonnes vielles recettes inusables : sécurité, fiscalité, pouvoir d’achat, retraites.
Qu’il semble loin le temps du « Grenelle de l’environnement » et des politiques de tous bords allant en rang serrés et avec empressement ratifier humblement le pacte du gourou écolo-tartuffe Nicolas Hulot à peine descendu de son ULM sponsorisé par Rhône-Poulenc et Veolia.
En fait l’écologie apparaît aujourd’hui, et c’est absolument dramatique, comme une préoccupation de gens trop bien nourris à la recherche d’un « supplément d’âme » . C’est pourquoi elle ne résiste pas au moindre vent de crise… surtout économique… En vérité, au fond, l’écologie, tout le monde s’en fout... Ce n’est pas un sujet « urgent », « immédiat », donc « sérieux », c’est une forme de « romantisme bucolique »… Après tout il ne s’agit que de l’avenir de l’espèce, de la préservation du patrimoine biologique , de la défense de la beauté et d’une qualité environnementale qui distingue la vie de la survie… Les vrais racialistes, par exemple, devraient être plus écologistes que racistes, l’empoisonnement alimentaire, la stérilisation chimique progressive, et la pollution dénaturant et menaçant la « race » plus sûrement que le métissage et les poulets halal du Franprix… Les vrais socialistes aussi devraient faire de l’écologie leur priorité, puisque la première, et parfois la seule, richesse du prolétaire c’est la terre qu’il foule et l’air qu’il respire
Mais tout cela, c’est du long terme, c’est une perspective qui dépasse la durée d’une existence humaine…
Et le long terme, l’homme moderne n’est simplement plus capable de le penser.